Resource Description and Access (RDA): An Introduction for Reference Librarians
(source: RUSQ (Reference & User Services Quarterly), 03/04/2011)
Sorties en juin 2010 et testées depuis dans diverses bibliothèques, les règles RDA (Resource Description and Access) vont remplacer petit à petit celles en vigueur sous l’acronyme AACR2 (Anglo-American Cataloging Rules, 2e éd.).
Cet article aborde la question du point de vue des bibliothécaires de référence et tente de leur présenter ces nouvelles règles et leurs implications. Petit compte rendu…
Pourquoi de nouvelles règles?
Pour faire court, parce que – malgré une mise à jour – AACR2 ne suffit plus à décrire les “nouveaux” médias non-papier. De plus, certains documents peuvent appartenir à différentes catégories à la fois, rendant la cohérence de la description aléatoire. Une autre raison, non technique, réside dans le fait que ces règles sont fortement associées, comme leur nom l’indique, aux pays anglo-saxons. Or, elles sont adoptées par de nombreux pays n’appartenant pas à cette aire linguistique.
Une première étape est franchie dans les années 90 lorsque l’IFLA crée un comité chargé d’analyser l’adéquation entre besoins des utilisateurs et fonctionnement bibliographique. Ce comité donnera naissance en 1997 aux Functional Requirements for Bibliographic Records (FRBR), basés sur un modèle entité-relation (entity-relationship model) qui permet de mieux organiser des ressources parentes (éditions différentes, traductions, supports différents, etc.).
Parallèlement, le W3C met en place, à partir de 2001, les bases du semantic web qui permet de structurer et de relier des données de manière à ce qu’elles soient “intelligibles” d’un point de vue sémantique par des programmes informatiques.
Développement des règles RDA
En 2004, le comité en charge du développement des règles RDA propose un premier document de travail qui intègre les principes FRBR dans le patrimoine RDA et qui présuppose que ce modèle sera également fonctionnel dans le cadre du semantic web. En juin 2010, le document final est publié.
Implications pour les utilisateurs et les bibliothécaires de référence
Les “effets”, si l’on peut dire, des règles RDA ne seront pleinement visibles que lorsque d’autres normes et systèmes seront développés ou adaptés. La structure actuelle du MARC doit être substantiellement revue; les SIGB doivent également être modifiés en profondeur; enfin, le semantic web doit aussi permettre l’exploitation de RDA avec d’autres systèmes (hors bibs) d’un point de vue de l’interopérabilité.
Certains changements seront immédiatement perceptibles. Ainsi, la structure du titre. Aujourd’hui, selon les règles AACR2, le titre d’un DVD, par exemple, a généralement la forme suivante:
- The king of Kong [video recording]: a fistful of quarters
Avec RDA, le titre devient
- The king of Kong: a fistful of quarters
et des champs supplémentaires permettent de décrire plus précisément cette ressource:
- le champ content (two-dimensional moving image),
- le champ media (video),
- le champ carrier [support] (videodisc).
Un autre changement concerne l’usage des abréviations, un dictat en quelque sorte dans l’environnement AACR2 (à l’époque, il s’agissait de sauver de l’espace disque – ce qui n’est plus le cas aujourd’hui): RDA est beaucoup plus souple à ce niveau: ainsi, “3rd ed.” devient “Third edition”. Les abréviations latines (ex.: s.l., s.n.) n’ont plus cours avec RDA et sont remplacées par des expressions dans la langue de la notice.
Un autre changement concerne les auteurs: avec AACR2, au-delà de trois auteurs, seul le premier est enregistré comme “autorité” et une seule entrée apparaît dans l’OPAC. Avec RDA, chaque auteur peut avoir son entrée.
Controverse
Même si on reconnaît la pertinence de cette évolution, certains catalogueurs ont exprimé quelques réserves. Ainsi, par exemple, les concepteurs du modèle FRBR ont défini quatre tâches de base effectuées par les utilisateurs: or, ces définitions ne s’appuieraient sur aucune étude d’usage.
Autre point de controverse, le coût de l’implémentation de ces modifications: le toolkit RDA n’est pas gratuit, et serait substantiellement plus cher que AACR2. Autre coût dont il faut tenir compte: la formation du personnel.
Par ailleurs, certains indiquent que les règles RDA sont conçues pour un environnement qui n’existe pas (encore) vraiment (le semantic web est en plein développement et tous ne sont pas optimistes quant à sa finalisation). Enfin, aucun SIGB n’est aujourd’hui en mesure d’exploiter les potentialités de ces règles.
Avantages
Sur le plan conceptuel, RDA a été développé pour que les utilisateurs puissent mieux “naviguer” parmi les ressources en identifiant plus clairement les différences entre des ressources similaires. De plus, il intègre les “nouveaux” supports et médias en offrant une plus grande flexibilité aux catalogueurs. D’un point de vue informatique, le code sous-jacent est présenté comme “solide” et, surtout, a été construit dans la continuité du modèle AACR2 (les deux ensembles de règles sont donc compatibles et peuvent co-exister).
Et ensuite?
L’investissement fourni par la Library of Congress laisse supposer qu’aux Etats-Unis, RDA pourrait être largement adopté. Ailleurs dans le monde, certaines institutions envisagent également de l’adopter. Une chose est évidente et certaine, cela prendra plusieurs années.
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Màj 16/06/2011: Report and Recommendations of the U.S. RDA Test Coordinating Committee (résumé)
Màj 21/06/2011: Full Report: Report and Recommendations of the U.S. RDA Test Coordinating Committee (rapport complet)