Introducing transliteracy
What does it mean to academic libraries?
(source: College & Research Libraries News, vol. 71, n° 10, novembre 2010 | lecture personnelle)
Le concept de “translittératie” pose clairement question. Tout d’abord, il existe des incertitudes, des incompréhensions quant à la signification exacte du terme et à son rapport avec l’information literacy, bien implantée désormais dans la plupart des BU. Bien que sa définition ne soit pas bien établie, l’auteur pense que les bibliothécaires seraient avisés de garder un œil dans cette direction.
A l’origine du concept, le groupe Transliteracies Project du département d’anglais de l’université de Californie-Santa Barbara dont les travaux portent sur la lecture en ligne. Depuis 2005, Sue Thomas (De Montfort University) s’appuie sur ces travaux pour dégager des principes et une définition satisfaisante. (Le terme en lui-même vient du mot anglais transliterate: écrire ou imprimer une lettre ou un mot en utilisant les lettres les plus proches provenant d’un autre alphabet ou d’une autre langue.)
L’idée principale est la suivante: développer des compétences transversales et non séparées entre les différentes littératies. Il s’agira donc d’apprendre à maîtriser transversalement la lecture, l’écriture, l’interaction sur différentes plateformes, différents outils, différents médias. Une attention particulière est portée sur les rapports entre les personnes et les technologies, et plus spécifiquement celles utilisées par les réseaux sociaux.
L’auteur évoque ensuite une série d’interviews de bibliothécaires (voir ici) qui montrent que, même si le terme en lui-même n’est pas à proprement parler connu, les concepts qu’il porte, eux, sont déjà abordés dans le milieu des bibliothèques, universitaires ou publiques.
Une des questions qui doit faire l’objet d’un travail plus approfondi est la suivante: dans quelle mesure les concepts de la translittératie peuvent-ils être traduits en compétences (skills) et jusqu’à quel point ces compétences peuvent-elles être transmises, enseignées. En effet, pour Sue Thomas, cette notion est davantage un pas vers un “écosystème unifié de toutes les littératies relevant de la lecture, de l’écriture, de l’interaction et de la culture.”
Une autre question concerne les rapports avec l’information literacy. Les deux disciplines doivent-elles fusionner, en quelque sorte, ou garder chacune leurs spécificités?
La translittératie est particulièrement attentive aux aspects sociétaux des phénomènes qu’elle aborde: quels effets la nature participative des médias sociaux produit sur la séparation entre monde scientifique et société civile? quels effets sur la notion d’autorité (scientifique, politiques, etc.)? En ce qui nous concerne, ces réflexions amènent inévitablement à se poser les questions, pas neuves loin s’en faut, sur une possible participation active des utilisateurs dans les BU, que ce soit au niveau du catalogue ou des archives numériques.
Bref, comme on peut le constater, ce qui est intéressant à retenir, notamment, c’est la contribution de ce concept à la notion de user experience: création de systèmes solides permettant le partage des connaissances et offrant aux utilisateurs un rôle dans la construction des savoirs.
8 janvier 2011 at 23:31
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