2006 – 2011
Favoriser une culture du libre accès chez les chercheurs: le chemin est encore long
(source: Jonas Gilberta, Jessica Lindholma in Serials Review, 29/05/2011 – sur abonnement)
“Libre accès”: de quoi parle-t-on?
Dans bien des cas, lorsqu’on est amené à évoquer le concept de libre accès, la terminologie peut s’avérer ambigüe et signifier des notions différentes, selon les personnes. Dans la littérature sur la question, les principaux points qui posent (encore et toujours) problème tournent autour des éléments suivants: pauvreté de l’évaluation par les pairs, coût supérieur par rapport à l’édition traditionnelle, lieux d’édition et de diffusion inappropriés, disparition du système d’abonnement, violation des droits d’auteur, forme d’édition chronophage. A toutes ces affirmations, Peter Suber répond: pas du tout*. Il n’en reste pas moins que malgré des avantages théoriques évidents (meilleur accès à la recherche, possibilité d’une évaluation indépendante, nouveaux modes de collaboration, multiplication des possibilités de découverte, augmentation des citations et de l’impact des publications), les principes du libre accès sont difficiles à faire passer dans la plupart des milieux académiques.
Politiques et incitants: exemples à Chalmers University of Technology et Malmö University (Suède)
Chalmers a adopté son mandat de politique en matière de libre accès en janvier 2010: assez classiquement, il prévoit l’obligation de dépôt en libre accès dans le dépôt institutionnel de l’université. Malmö a adopté son mandat en mars 2011 et prévoit le même type d’obligation, étendu aux publications locales de l’institution.
L’objectif de Chalmers est de rendre librement accessible l’ensemble des résultats de recherche de ses membres auprès d’un public aussi large que possible. Le dépôt doit s’effectuer dans les six mois suivant la date de publication, au plus tard après douze mois. Des exceptions sont cependant prévues (il serait intéressant de les lire).
Le mandat de Malmö exclut du dépôt les documents non publiés et les pre-print (pas judicieux, à mon sens). Le mandat prévoit le respect des conditions imposées par les éditeurs, ainsi que l’opt-out pour les auteurs qui ne souhaitent pas déposer (pas judicieux du tout: il s’agit d’un mandat faible, qui n’aide en rien le libre accès).
Les deux mandats recommandent à leurs chercheurs de publier dans des revues en libre accès. Chalmers leur recommande également d’éviter le transfert des droits (aux éditeurs).
Les réactions des chercheurs sont assez classiques: certains ne comprennent pas les avantages du libre accès, certains craignent une suppression du mécanisme d’évaluation par les pairs (on l’a vu: crainte totalement injustifiée).
Quels sont les taux de documents librement accessibles dans ces deux institutions? Pour Chalmers, moins de 8% des publications déposées. Pour Malmö, 19% (mais le dépôt compte moins de publications que celui de Chalmers).
On le voit, c’est loin d’être gagné. Une des raisons principales, à mes yeux, est la suivante: peu de personnes dans les institutions universitaires maîtrisent les tenants et aboutissants de l’édition en libre accès et peu sont réellement capables de les expliquer (les bibliothécaires devraient être en première ligne dans cet exercice). A cela vient s’ajouter les liens souvent très forts entre chercheurs et éditeurs traditionnels (et donc des points de vue biaisés par des préjugés idéologiques).
Le modèle établit en Australie par Queensland University of Technology est largement reconnu. Il prévoit: 1) une révision/adaptation régulière du mandat; 2) un soutien financier solide; 3) des services de dépôt efficaces et à forte valeur ajoutée pour les chercheurs; 4) la démonstration des avantages du modèle pour les auteurs.
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Références:
Armbruster, C. (2010). “Implementing Open Access: Policy Case Studies.” Retrieved from http://ssrn.com/abstract=1685855.
Hagerlid, J. (2011). “Open access i Sverige – lägesbeskrivning 2011.” Retrieved from http://www.kb.se/dokument/Om/projekt/open_access/2011/OA_Sverige_l%C3%A4gesbeskrivning20110118.pdf.
Jeffery, Keith G. (2006). “Open Access: An Introduction,” ERCIM NEWS, No. 64 (January 2006): 16-17, Retrieved from http://www.ercim.eu/publication/Ercim_News/enw64/EN64.pdf.
Karlsson, S., & Wadskog, D. (2006). “Hur mycket citeras svenska publikationer? Bibliometrisk översikt över Sveriges vetenskapliga publicering mellan 1982 och 2004 – Vetenskapsrådet.” Retrieved from here.
Kinger M., (2010). “Chalmers Choosing the Green Path to Open Access,” sciecominfo, v. 6, no. 1. Retrieved from http://www.sciecom.org/ojs/index.php/sciecominfo/article/view/3552/3126.
Lindholm, Jessica & Nilén, Peter (2011). “A new open access policy for Malmö University,” sciecominfo, v. 7, no. 1. Retrieved from http://nile.lub.lu.se/ojs/index.php/sciecominfo/article/view/4910.
Rabow, Ingegerd. (2009). “The Swedish Research Council and Open Access,” sciecominfo, v. 5, no 1. Retrieved from http://www.sciecom.org/ojs/index.php/sciecominfo/article/viewFile/1512/1250.
Sale, A., Couture, M., Rodrigues, E., Carr, L. and Harnad, S. (2010) “Open Access Mandates and the ‘Fair Dealing’ Button,” In: Dynamic Fair Dealing: Creating Canadian Culture Online (Rosemary J. Coombe & Darren Wershler, Eds.). Retrieved from http://eprints.ecs.soton.ac.uk/18511/.
SASI Group & Newman, M. (2006), Worldmapper.org Science Research, Retrieved March 22, 2011 from http://www.worldmapper.org/display.php?selected=205.
Suber, Peter. (2009) “A field guide to misunderstandings about open access,” SPARC Open Access Newsletter, issue #132, April 2, 2009. Retrieved from http://www.earlham.edu/~peters/fos/newsletter/04-02-09.htm#fieldguide.
Swedish Institute (2010). “Facts about Sweden : Higher Education and Research,” Updated December 2010. Retrieved from http://www.sweden.se/eng/Home/Education/Research/Facts/Higher-education-and-research-in-Sweden/.
Swedish Research Council (2010). Decision on open access. Retrieved from http://www.vr.se/inenglish/aboutus/policies/openaccess.4.44482f6612355bb5ee780003075.html.
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Voir aussi: Open Access to Research: Changing Researcher Behavior through University and Funder Mandates
Des bibliothèques, des espaces
Library Spaces for Urban, Diverse Commuter Students: A Participatory Action Research Project
(source: College & Research Libraries, pre-print, article à paraître en 2012)
Cette étude indique ce que l’on sait déjà, mais qu’il n’est pas inutile de rappeler: les espaces physiques des BU doivent être adaptés aux besoins – Mais que veulent les utilisateurs? Voici une liste non exhaustive:
- environnements confortables, propres, calmes, sûrs
- services de support tels que centres d’écriture et de tutorat
- services d’aide par rendez-vous
- possibilité d’emprunter des outils qu’ils ne possèdent pas ou qu’ils n’ont pas amenés avec eux
- postes de travail (PC, etc.) équipés des logiciels utiles pour leurs cours
- salles d’étude
- salles pour les travaux de groupe modulables (murs mobiles)
- équipement de présentation de travaux/projets (avec écrans larges)
- possibilité d’emprunter des portables, des caméras, des enregistreurs, etc.
- réservation en ligne (salles, matériel)
- signalétique évidente des lieux
- lieux pour recharger des équipements – pour téléphoner – pour se détendre
Et un petit massage relaxant dans une piscine en plein air posée sur un toit, non?
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Libraries As the Spaces Between Us: Recognizing and Valuing the Third Space
(source: Reference & User Services Quarterly, 20/06/2011)
Des populations de plus en plus diversifiées et des contextes de plus en plus dynamiques. De nouvelles façons d’enseigner, d’apprendre, de penser. De “nouveaux” concepts. Des synergies. Des combats. Des intra-lieux. Des dé-localisations. Des destinations. Des (parts de) marchés. Du management. Des clients. Des ambiances. De l’esthétique. Des espaces transcendés. Des espaces transportés. Des attractions. Des codes culturels. Des subjectivités. Des mécontents (quoi qu’on fasse). Des bruits. Des promiscuités. Des masses. Des déplacements. Des temps. Des fragmentations. Des corps. Des symboles. Des figurations. Des mobilités. Des instabilités. Des silences.
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Libraries: Information And Knowledge Spaces
(source: The Huffington Post, 23/06/2011)

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(source: Web Urbanist, 26/08/2011)

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Etc.